AccueilLecture › A-t-on besoin d'un chef?
📚

A-t-on besoin d'un chef?

Mehdi Moussaïd
📅 2025 Lu le 02 janvier 2026

Notes de lecture du livre A-t-on besoin d'un chef de Mehdi Moussaïd.

La réponse est bien entendu NON!

Résoudre un problème de logique

Pour les problèmes de logique tels que les tests de QI, le vote à la majorité est l'option qui aura le plus de résultats positifs.

Les tests de QI ne testent pas l'intelligence de la personne, il ne faut pas confondre.

Effet Dunning Krueger

Mécanisme cognitif par lequel les personnes les moins qualifiées d'un groupe tendent à surestimer leur compétence dans un domaine. Ce mécanisme peut être rapproché de l'ultracrépidarianisme].

Résoudre un problème de connaissances, type Qui veut gagner des millions

Le vote ne suffira pas. Il faudra utiliser la méthode de la meta-majorité.

Meta-majorité

Découverte par Drazen Prelec. Il faut utiliser l'intelligence collective (vote) non seulement pour recueillir l'avis du groupe mais aussi pour évaluer un éventuel piège.

Méthode:

  1. Vote pour donner la réponse, "À votre avis qu'elle est la bonne réponse?"
  2. Vote sur la question "À votre avis, quelle sera la réponse majoritaire?"

S'il y a un décalage entre la bonne réponse et la réponse à la question sur le piège, il faut choisir la réponse non majoritaire à la première question.

Effet Mandela

De faux souvenirs spécifiques peuvent parfois être partagés par un large groupe de personnes. Ce phénomène a été baptisé « effet Mandela ».

Comment naissent les liens sociaux ou les conflits?

Les liens sociaux se créent par homophilie (tendance de se rapprocher de ce qui nous ressemble), par influence sociale (il existe dans chaque groupe de personnes avec plus de liens que les autres).

On a toujours l'impression que nos amis ont une vie sociale plus grande que la notre, cela s'appelle le paradoxe social.

Les conflits, eux, se créent à la naissance des endogroupes (groupe social dans lequel on évolue) et les exogroupes (groupes extérieurs au notre). Cela crée des barrières sociales invisibles. Un conflit qui naitrait dans un groupe a une tendance à évoluer en conflit généralisé par le biais de la contamination des conflits (si un membre de mon groupe est touché, j'ai tendance à vouloir m'en mêler. Le conflit devient d'autant plus fort qu'une personne centrale du groupe est touchée).

Le fait d'avoir des buts communs, des liens plus ou moins forts entre les groupes sociaux permet d'atténuer les conflits.

Prédire avec justesse

Il est possible de prédire l'avenir avec une grande précision.

Le langage ne permet pas de préciser si une chose va se réaliser (je pense que, il est probable que), tout cela est bien trop abstrait. Une manière de préciser est d'utiliser des pourcentages: Je suis sur à 60%, mais rien ne prouve que cela va se produire.

Portrait du bon pronostiqueur

Une prudence calculée dans ses prévisions, un esprit ouvert et capable de remettre en question ses propres préjugés, une solide compétence numérique, et énormément de travail de lecture et d'analyse.

Les pires pronostiqueurs sont les spécialistes des plateaux télés qui n'ont pas le temps de réfléchir et donc ne parlent que de leurs ressentis.

Prédire les incertitudes

Expérience intéressante: pour connaitre le poids d'une vache, demander à plusieurs personnes le poids de cette vache et faire la moyenne des réponses. Le résultat sera approximativement le bon. C'est l'intelligence de la foule.

Les résultats de la moyenne sont très proches à chaque fois de la réponse juste.

Les marchés prédictifs

Une manière de prédire le pourcentage qu'une chose se produise dans l'avenir est le marché prédictif. Les personnes misent sur la possibilité qu'un événement arrive. Ils misent une somme d'argent en centimes et peuvent gagner 1 euro si cela se produit.

Plus les gens misent, et plus le prix d'achat de la prédiction augmente.

Le prix d'achat peut se traduire littéralement en pourcentage. Si une prédiction arrive à 93 centimes, et bien il y aura 93% de chance que cela se produise.

Le mécanisme est simple, c'est l'agrégat de multitudes d'avis, plus ou moins éclairés qui se concentrent. Ils surpassent les spécialistes.

Développer une pensée stratégique

Comment réussir à gagner un spécialiste des échecs? Comment la foule peut s'organiser? Faut-il mettre en place un spécialiste et le laisser faire?

Un groupe ne pourra pas construire un pensée stratégique en votant, mais augmentera son niveau très significativement en votant et en utilisant l'intelligence collective.

Par contre, le niveau plafonnera, car le groupe a tendance à tomber facilement dans les pièges tendus par les maitres.

Comment organiser un groupe pour qu'il fonctionne?

Les fourmis sont un très bon exemple d'organisation sans chef. C'est le travail à effectuer qui définit ce que vont faire chaque unité de la colonie.

Chez les humains, on utilise souvent un chef, qui définit les tâches à effectuer, mais quand cela devient trop rapide, le groupe se passe des ordres supérieurs et s'auto-organise naturellement selon les besoins.

D'ailleurs, nous avons chacun un seuil de tolérance à partir duquel les corvées se font. Certains seront à 4 assiettes pour lancer la vaisselle, d'autres 7. La personne au seuil de 4 la fera donc plus rapidement, et son seuil baissera au fur et à mesure qu'elle le fera et inversement pour l'autre. Des déséquilibres émergent très rapidement.

Chercher ensemble efficacement

Plusieurs manières permettent de chercher en groupe.

La première qui nous vient à l'esprit est de quadriller l'espace, et de donner à chacun un espace à quadriller, mais le problème c'est que certains vont trouver peu et donc se décourager. Ce n'est que peu efficace.

Une deuxième manière de chercher est de se répartir les tâches: certains qui explorent et d'autres qui récupèrent. C'est plus efficace, mais selon les connaissances, il faudra une répartition souple qui évolue selon les découvertes. Plus d'explorateurs au début qui peuvent se transformer en ramasseurs quand les découvertes sont nombreuses.

La manière la plus efficace est de se répartir les tâches de manière souple et de partir quand le temps de ramassage moyen double par rapport au début. Cela veut dire que le filon n'est plus autant exploitable.

Dans tous les cas, il faudra tout répartir équitablement si on veut que cela fonctionne. Si certains se servent plus, tout le fonctionnement s'effondre.

Réussir à se mettre d'accord

Laisser parler les gens librement dans un groupe, c'est la manière la plus sûre de ne pas arriver à un accord. Trop de biais rentrent en compte :

  • Déséquilibre du temps de parole,
  • L'effet d'ancrage: la discussion tournera autour de la première proposition et sera donc cadrée.
  • La diffusion des responsabilités: plus les décisions seront difficiles à prendre moins de gens voudront la responsabilité de la prendre.
  • Le syndrome du profil caché: chaque participant ne connait qu'une partie du problème à résoudre et réfléchit selon ses connaissances.
  • Le cercle vicieux de la polarisation: un débat tend à polariser les points de vue et non pas à rapprocher.

Une chose est importante, c'est que les participants aient le plus possible de la sensibilité sociale. Plus les personnes en seront pourvues, plus la prise de décision sera possible. Certaines personnes ont les capacités à ressentir ou à observer la jalousie, la colère, les mécontentements, etc...

La force d'un groupe ne se résume pas à l'addition des talents et plus le groupe sera grand, moins la prise de décision sera facile, voir même impossible.

Une discussion efficace ne s'improvise pas, il faut pouvoir:

  • que chacun fasse l'effort de ne pas monopoliser la parole,
  • se méfier de l'effet d'ancrage. Il faut que personne ne parle en premier. Pour cela, il faudrait que ce soit le groupe qui parle en premier. Chacun pourrait écrire sur un papier son avis et on commencerait sur la lecture des papiers. Le groupe parlerait en premier.
  • encourager chaque participant à partager ce qu'il sait.
  • éviter la polarisation et un simple "Essayez de vous mettre à la place de..."

Emmanuel H.